
Deux décrets sont passés cette année. Le premier plafonne vos droits CPF à 1 500 € sur une partie des formations. Le second fait passer le reste à charge de 103,20 € à 150 €.
Résultat : « formation 100 % financée par le CPF », qui était vraie en 2025 pour beaucoup de parcours courts, ne l'est plus pour la plupart des formations certifiantes à l'IA générative.
Ce n'est pas une catastrophe. C'est un calcul à refaire. Et il reste quatre situations où vous ne payez rien de votre poche — dont une que presque personne ne mentionne, alors qu'elle concerne la majorité des salariés.
Depuis le 26 février 2026, vos droits CPF mobilisables sont plafonnés à 1 500 € pour les formations sanctionnées par une certification enregistrée au Répertoire spécifique. La certification CléA est exclue du plafond. Les titres du RNCP ne sont pas concernés du tout.
La distinction compte, parce qu'elle décide de tout le reste :
Vous pouvez vérifier en trente secondes : cherchez le nom de la certification sur le site de France Compétences. Si son numéro commence par RS, le plafond s'applique. S'il commence par RNCP, non.
Depuis le 2 avril 2026, toute inscription à une formation financée par le CPF déclenche un reste à charge de 150 €, contre 103,20 € auparavant.
Il est forfaitaire. C'est 150 € que la formation coûte 800 € ou 4 000 €.
Presque à coup sûr, oui.
Les formations à l'IA générative éligibles au CPF passent quasiment toutes par une certification du Répertoire spécifique. C'est le cas de la RS6776, « Création de contenus rédactionnels et visuels par l'usage responsable de l'intelligence artificielle générative », enregistrée par Inkréa Certifications — celle que nous préparons.
Donc : plafond de 1 500 €, plus 150 € de reste à charge.
Prenons notre parcours certifiant, affiché à partir de 1 650 €. Vous êtes salarié, vous avez plus de 1 650 € sur votre compte.
300 €, ce n'est pas 1 650 €. Mais si on vous a promis « zéro euro », c'est 300 € de mauvaise surprise au moment de valider le dossier.
C'est la disposition la moins connue des deux décrets, et de loin la plus utile.
Les salariés dont la formation bénéficie d'un abondement de leur employeur ou de leur OPCO sont exonérés du reste à charge. Pas réduit : supprimé. Et le texte ne fixe pas de montant minimum — un abondement, même symbolique, annule les 150 €.
Concrètement, sur l'exemple ci-dessus : si votre employeur met les 150 € qui manquent au-dessus du plafond, il éteint aussi les 150 € de reste à charge. Vous ne payez rien, il paie 150 €.
Beaucoup de salariés ne demandent pas, parce qu'ils croient que le CPF est un droit strictement personnel dans lequel l'employeur n'a pas à entrer. Le compte reste le vôtre, et le choix de la formation aussi. Un abondement ne donne aucun droit de regard à votre employeur : il ajoute de l'argent, c'est tout.
Si vous ne savez pas comment le formuler, demandez à votre service RH « un abondement employeur sur mon dossier CPF ». Le terme est celui du texte, il sera compris.
Point important : un abondement s'ajoute au plafond, il ne s'y heurte pas. Les 1 500 € restent mobilisables en entier, et l'abondement vient par-dessus.
Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail sont exonérés du reste à charge de plein droit. Rien à demander.
Le plafond de 1 500 €, lui, s'applique toujours. Mais France Travail peut abonder le complément dans le cadre d'un projet validé avec votre conseiller. C'est le sujet à mettre sur la table dès le premier rendez-vous, pas après avoir choisi la formation.
Plus rares, mais ils existent :
Dans les deux cas, le reste à charge tombe.
Pas d'employeur pour abonder, donc pas d'exonération automatique. Vous êtes sur le calcul complet : 1 500 € de CPF, plus le dépassement, plus 150 €.
Deux pistes avant de sortir votre carte :
Trois minutes sur moncompteformation.gouv.fr, et vous saurez à quoi vous en tenir :
Si un organisme vous annonce un reste à charge différent de celui affiché à cette étape, demandez-lui de vous l'expliquer par écrit.
Si vous êtes dirigeant ou responsable RH et que vous pensiez faire passer vos équipes par leur CPF individuel : ce n'est plus le bon outil, et ça ne l'était déjà pas vraiment avant.
Le CPF est un droit personnel. Vous ne pouvez ni l'imposer, ni le piloter, ni en garantir la disponibilité — un salarié qui a déjà consommé ses droits vous bloque le projet. Et depuis le plafond, il ne couvre plus une formation complète.
Pour former un groupe, le circuit est l'OPCO : vous portez le budget, vous cadrez le programme, la prise en charge se demande en amont, et le plafond CPF ne vous concerne pas. Le CPF garde du sens pour une démarche individuelle, à l'initiative du salarié.
C'est le sujet de notre page formation IA en entreprise, où l'on détaille le montage OPCO.
Et si votre motivation est réglementaire plutôt que budgétaire, lisez plutôt ce que l'AI Act demande vraiment en matière de formation : le texte a été réécrit en juillet 2026, et il est moins contraignant qu'on ne vous l'a dit.
Il porte sur les droits mobilisables pour une formation relevant du Répertoire spécifique. Ce n'est pas une enveloppe annuelle que vous répartissez : c'est un plafond par dossier de ce type.
Oui. L'abondement est une décision de l'entreprise, pas une obligation. En revanche, il n'a rien à vous refuser sur le choix de la formation : le CPF reste votre droit, et si vous la suivez hors temps de travail, vous n'avez même pas à demander d'autorisation.
C'est ce que prévoit le mécanisme : l'exonération est liée à l'existence d'un abondement, pas à son montant. En pratique, faites valider le montage avec l'organisme avant de vous engager — c'est lui qui monte le dossier et qui verra le calcul final s'afficher.
Même logique, écart plus grand : 1 500 € de CPF, 1 500 € à trouver ailleurs, plus 150 € de reste à charge si personne n'abonde. À ce niveau de prix, la question devient : est-ce que ce parcours vaut vraiment le double d'un autre, ou est-ce qu'il vise un titre RNCP qui, lui, n'est pas plafonné ?
Elles ont changé deux fois en deux mois cette année. Vérifiez la date de tout article que vous lisez sur le sujet, celui-ci compris.
Croire que le plafond s'applique partout. Il ne touche que le Répertoire spécifique. On a vu des gens renoncer à un titre RNCP parfaitement finançable parce qu'ils avaient lu « CPF plafonné à 1 500 € » quelque part.
Attendre que « les droits remontent ». Le plafond porte sur ce que vous pouvez mobiliser pour une formation RS, pas sur votre solde. Attendre un an de plus ne débloquera rien sur ce type de parcours.
Ne pas demander l'abondement. C'est la seule erreur qui coûte de l'argent immédiatement, et c'est la plus fréquente. Un e-mail aux RH, deux lignes, et 150 € disparaissent.
On monte le dossier avec vous : vérification de vos droits, calcul du reste réel, formulation de la demande d'abondement si vous êtes salarié, montage OPCO si c'est votre entreprise qui finance.
Et on vous dit franchement quand ça ne vaut pas le coup. Si votre projet relève d'un titre RNCP plutôt que d'une certification RS, on vous le dit, même si ce n'est pas ce qu'on vend.
Le premier échange sert à ça : voir le parcours certifiant, ou en parler avec un conseiller si c'est votre entreprise qui porte le budget.
Pour la mécanique du dossier lui-même — pièces, délais, validation — le guide pratique pour constituer un dossier CPF reste valable sur la partie procédure. Les montants qu'il cite, eux, datent d'avant les décrets de cette année : ce sont ceux de cette page qui font foi.
Et si vous hésitez encore entre les dispositifs, le tour d'horizon des options de financement compare CPF, OPCO, France Travail et autofinancement.
Sources : décret n° 2026-127 du 24 février 2026 (plafonds de mobilisation du CPF), applicable au 26 février 2026, et décret n° 2026-234 (participation du titulaire), applicable aux inscriptions à partir du 2 avril 2026. État des règles au 28 août 2026 — nous mettons cette page à jour à chaque évolution.
